Bonjour Joli Monde !

Je suis très heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour la deuxième semaine du projet 52. Aujourd’hui, photo prise à Paris par Maxf92 au jardin du Luxembourg le 22 octobre 2017.

Caractéristiques techniques
Appareil canon AE-1, réglages 50 mm – automatique

Assis sur sa chaise métallique verte, une brise de vent lui soufflant sur la nuque, il regardait ces jolis petits bateaux voguer. Ah, ceux-ci n’avaient rien à voir avec ceux qu’il avait connu, mais cette vision faisait remonter à sa conscience de doux souvenirs d’enfance.

Il se souvenait du premier petit bateau que son père lui avait offert. C’est même lui qui lui avait fabriqué. Il était tout simple, mais qu’est-ce qu’il était beau ! La coque était creusée dans le tronc d’une vieille bûche de bois. Le mât, une simple baguette récupérée dans la boite de bricolage paternel. Quant aux voiles, il lui avait semblé reconnaître une vieille chemise de nuit de sa mère.

Il se souvint que ses yeux semblaient pétiller lorsqu’il avait découvert son bateau. Son cœur battait la chamade et il n’avait qu’une seule hâte, aller tester ses capacités de navigation. Il lui avait fallu attendre que son père prenne son souper et que sa mère finisse de remettre de l’ordre dans leur petit appartement parisien. Que le temps lui avait semblé long…

Quand, enfin, ils avaient tous les trois pris le chemin du Jardin du Luxembourg, il avait fallu que ses parents accélèrent le pas pour ne pas le perdre de vue. Arrivé devant la fontaine, il avait posé son petit bateau sur l’eau. Le temps était idéal. Brise chaude d’une belle soirée d’été. Son petit bateau avait pris de la vitesse. Il sautillait, enchanté par son nouveau jouet.

Aujourd’hui, Jean était bien vieux. Elles étaient loin ses jeunes années, ses années d’innocence et d’insouciance. Il lui semblait  cependant revivre cette même soirée d’été de 1927. Il était à l’aube de son centenaire. Jean avait vécu, traversé les épreuves de la vie qui se reflétaient dans les rides de son visage.

En regardant ces petits bateaux voguer calmement, doucement emportés par la brise, Jean se sentait apaisé. Il repensa à sa femme, à ses enfants, tous disparus aujourd’hui. Jetant un dernier regard à son souvenir d’enfance, sa respiration ralentit. Il ferma les yeux. Un sourire se posa sur ses lèvres… Et quand on le retrouva quelques heures plus tard, ce n’était plus le visage d’un vieillard abîmé par la vie que l’on pouvait voir, mais bien celui d’un enfant, apaisé et réconcilié avec son passé.