Bonjour Joli Monde

Il m’a fallu un peu de temps pour écrire cet article. Le temps que je me remette de l’émotion que m’a procuré l’année qui vient de s’écouler. Je veux bien sûr parler de mon année de formatrice en école d’infirmier(e)s, d’aides-soignant(e)s et de secrétaires médicales et médico-sociales (rien que ça)…

J’appréhendais beaucoup cette nouvelle fonction en arrivant. Moi, l’infirmière de 25 ans (à l’époque), comment pourrais-je être crédible face à une promotion d’élèves aides-soignant(e)s ? Avec mes 4 petites années d’expérience et mon jeune âge ? Si vous saviez la trouille que j’avais la veille de mon premier cours… Je pense que je me souviendrais toute ma vie de ce fameux 12 septembre 2016 où je devais réaliser un cours sur la maladie aiguë et la maladie chronique, devant 80 élèves qui, il faut bien se l’avouer, me testaient.

Etre formatrice, c’est tout d’abord se mettre de l’autre côté de bureau. Il faut adapter sa posture, exercice difficile lorsque l’on ne sait pas vraiment quelle est la « bonne » posture à adopter. C’est également parvenir à rendre ses cours vivants (un temps soit peu tout au moins) et faire en sorte qu’un maximum d’élèves soient intéressés et retirent quelque chose de ces (longues) heures de face à face. Etre formatrice, c’est également se remettre en question, apprendre de l’autre, de son élève, utiliser l’expérience de celui qui est en face en nous, en la mêlant à la notre, qui nous est propre…

Et puis, il y a tout le « dark side«  que l’on ne voit pas lorsque l’on est apprenant… Le suivi pédagogique, parfois long, parfois usant lorsque l’on s’investit (parfois) de trop. Les réunions d’équipe afin de permettre aux élèves dont on a la charge durant une ou plusieurs années, d’apprendre dans des conditions optimales. C’est aussi les déplacements, parfois nombreux et chronophages, pour permettre d’assurer un suivi de l’élève en stage de qualité…

Etre formatrice, c’est du bon et du moins bon. Comme dans n’importe quel métier me direz-vous. Mais être formatrice, c’est aussi la fierté (et je choisis ce terme en connaissance de cause) de former, un peu, les professionnels de santé de demain. La satisfaction de se dire que ces professionnels emporteront avec eux un peu de ce que vous leur avez appris. Que dans certaines situations de soins, ils penseront à une anecdote en cours…

Cette première année m’a beaucoup apprise sur moi, tant d’un point de vue personnel que professionnel. J’avais des doutes quant à mes capacités à réussir dans cette fonction. Alors, tout n’est pas parfait, loin de là, mais je suis globalement satisfaite de l’année qui vient de s’écouler, et j’attends avec impatience (mais après quelques semaine de vacances bien méritées) la nouvelle promotion afin de mettre en place les réajustements prévus. J’ai appris à mieux gérer mon stress, à prendre de la distance par rapport à certaines situations. Etre formatrice ce sont des bons moments passés auprès de mes collègues ou de mes élèves, et des moins bons. De moins bons moments qui parfois parviennent à tout remettre en question… pour mieux redémarrer demain.

J’ai toujours, depuis que je suis infirmière, été attirée par la pédagogie, sans vraiment savoir (ni même imaginer) ce que les formateurs pouvaient faire dans leur bureau à longueur de journée. C’est un métier passionnant, enrichissant, fait de rencontres, d’accompagnement. Je ne regrette pas d’avoir quitté le monde du bloc opératoire (que j’adorais pourtant) pour celui de la pédagogie…

Sur ce, je remercie chaudement cette promotion aide-soignante d’avoir joué un rôle de test, de première fois. Vous avez été formidables !